Traversée Rochefort Jorasses

Traversée Arêtes de Rochefort Grandes Jorasses les 21 et 22 Août 2015.

Tout a commencé par un coup de fil de Sébastien,

Salut Guillaume , tu nous emmènerais pas faire la traversée des Jorasses avec Jeff ?

On a 2 jours de dispo, il fait beau !

Après demain ?

Ok ça marche cool, malgré plusieurs ascensions de la face nord, je n’ai jamais eu l’occasion de faire cette traversée ça motive 🙂 !

Il faudra à peine 2-3 coups de téléphone pour me faire remplacer au bureau des guides.
un point topo et matos s’impose.
les renseignement pris auprès des copains sur les conditions ne sont pas très optimistes.
En effet, après un été caniculaire, le glacier de descente des Jorasses est en conditions …….délicates dirons-nous .
Il a aussi beaucoup neigé en altitude ces derniers jours ce qui va rendre les passages rocheux bien délicats aussi.
Tant pis on est motivé et c’est l’essentiel !

vendredi 21 août,
Départ de Torino via le téléphérique Monte Bianco tout beau tout neuf.
Seb et Jeff sont en forme ils arborent leur belle tenue du caf excellence ski alpinisme ça va envoyer.

Jusqu’à l’Aiguille de Rochefort (4001m) ça déroule bien, on aperçoit 2 cordées au Dôme de Rochefort (4015m) qui font la trace.
Quelques minutes plus tard nous les rattrapons, il y a en fait 3 cordées, nous ne serons pas tout seul au bivouac Canzio.
On double une cordée puis 2 puis 3 on continu sur notre rythme malgré la neige qui complique un peu l’histoire.
Quelques pas de désescalade et 5 rappels nous déposent au bivouac…. 5h30 depuis Torino.
Pas si rapide que ça la team !
Il est 14h on mange, on se réhydrate, et petite sieste.
16h, Il est temps d ‘aller voir le départ de la pointe Young qui a la réputation d’être la partie la plus difficile de l’itinéraire surtout de nuit.
Un cordée arrive, les 2 autres ont fait demi-tour.
Après discussion avec les 2 allemands ils nous passent leurs 2 cordes que l’on va fixer pour gagner du temps le lendemain.
Effectivement la pointe Young est recouverte de neige, il nous faudra un peu de temps pour fixer les 100m de corde.
Quelques pas d’adhérence sur les dalles de granit recouvertes de neige en appui sur les pointes avant nous donne la mesure de ce qui nous attend.
L’escalade est tout de même hyper plaisante dans ces conditions de soleil couchant.
C’est une chance magnifique d’être là !
Retour au bivouac pour manger et dormir ; demain sera une longue journée.
Départ 4h45, remontée de corde pour l’échauffement.
Et c’est reparti pour du mixte pas si facile de nuit, l’itinéraire n’est pas trop dur à trouver, on va au pus simple mais c’est pas si simple 🙂
Sommet de la pointe Young 3996m
Belle vue sur la pointe Margherita (4065m), bien blanche elle aussi.
On se lance dans la désescalade puis un rappel nous dépose à une brèche.
D’en haut de la pointe Young l’itinéraire pour rejoindre le bas de la Margherita se devine facilement.
Une remontée au dessus de la brèche, une traversée, un rappel et on y est.
La neige a transformé et forme une goulotte facile qui nous permet d’avancer rapidement. Cool Mais seulement sur 3 longueurs après, ça grimpe à nouveau dans le 4 jusqu’au sommet.
La descente de la pointe Margherita en direction de la pointe Hélène nous laissera de beaux souvenirs.
C’est une arête magnifiquement aérienne qui nous amène en direction de la pointe Hélène.
remontée facile à la pointe Hélène (4045m) puis une descente encore bien aérienne et nous voilà sorti des difficultés et en plus au soleil.
Petite pause, changement d’encordement et on repart dans le rocher un peu moins bon de la pointe Croz (4110m), s’ensuit la pointe Whymper (4184m) et enfin le sommet de la Walker 4208m;
Il nous aura quand même fallu 9h dans ces conditions pour atteindre le sommet des Jorasses. Long !
15 min de pause, il faut déjà songer à repartir pour la descente.
Au plus court par les rochers descendant de la pointe Walker pour passer sous le sérac et rejoindre les rochers Whymper.
Pas de chance de gros cumulus nous entourent et en 5min on ne voit plus à 2m, aucune trace, normal on est les premiers après cette période de mauvais temps.
Heureusement je connais un peu la descente et surtout on a droit à une éclaircie fugitive pour courir sous le sérac et rejoindre les rappels.
Pour atteindre les rochers du reposoir, nuage, et grosses crevasses ne nous faciliteront pas la tâche non plus.
Après les rochers du reposoir, ça déroule bien malgré de belles crevasses à contourner, et quelques ponts de neige étroits, un peu de glace noire et finalement on rejoint le bas du glacier.
Petite pause il nous reste encore 1300m de descente.
Seb et Jeff ont l’habitude des longs efforts après leurs multiples records en ski alpinisme nous ne mettrons donc qu’ 1h30 pour rejoindre la vallée et ses restaurants 🙂 .

Bravo Seb et Jeff la cordée a bien roulée !

Au final nous avons gravi 7 sommets de plus de 4000m.

Nous n’avons pas quitté les crampons de 2 jours alors qu’habituellement la traversée se fait sans à partir du bivouac Canzio.

Guillaume